Les écoles de langue

Étudier seul, avec un professeur particulier ou dans une école de langue ?

Beaucoup d’entre vous doivent avoir expérimenté plusieurs modes d’apprentissage avec des résultats plus ou moins satisfaisants. J’entends souvent des critiques à propos des écoles de langues alors j’ai décidé d’en parler.

J’ai déjà eu l’occasion de travailler avec beaucoup d’élèves qui avaient déjà étudié le français mais qui avaient énormément de difficultés à structurer leurs phrases, à former des phrases avec un sens clair et objectif, à exprimer ce qu’ils voulaient vraiment.

Immédiatement, je vois que des choses importantes n’ont pas été bien comprises. Ce n’est généralement pas la faute des élèves, mais de l’enseignement des langues en général à cause du rythme imposé dans les écoles, de la nécessité d’un chronogramme fixe pour un groupe d’élèves, du manque de temps du professeur pour chaque élève, de l’hétérogénéité des classes et de l’imprécision à définir des niveaux bien précis pour chacun.

Le taux d’inscription pour les niveaux débutants est largement supérieur au taux d’inscription pour des niveaux intermédiaires ou avançés comme B1,B2,C1 et C2.

Pourquoi ? La démotivation des élèves !

Les élèves débutants sont tous égaux, ils ne connaissent pas la langue, mais progressivement des différences de niveau apparaissent. Certains apprennent plus vite que d’autres, certains apprennent plus lentement, mais le chronogramme continue !

L’épreuve de fin de cycle détermine si l’élève change de niveau ou s’il recommence, mais réussir l’épreuve ne signifie finalement pas grand chose. En effet, il est possible et même facile de réussir un test sans avoir vraiment compris un sujet grammatical.

Est-ce un problème ?

Tout dépend ! Il est commode, pour les institutions et pour certains prof, de penser que: « l’élève finira par comprendre avec le temps ». C’est même le genre de phrase qu’on peut rencontrer dans certains manuels pédagogiques pour professeur !

Si cette doctrine fonctionne pour certains, c’est loin d’être la majorité ! L’élève traîne des lacunes, des difficultés mais passe au niveau suivant !

Si vous avez suivi un cours en groupe, vous avez probablement vécu cela. Vous avez peut-être trouvé le rythme lent ou peut-être trop rapide !

Communiquer sans savoir comment

Un autre problème est celui des phrases apprises « toutes-prêtes » sans en comprendre le sens ni la construction !

Certaines écoles et certains livres didactiques adorent cela, l’élève est content car il a appris une phrase complète ! Génial ! Donc, c’est normal, il veut l’utiliser, mais comme il n’a pas étudié une structure pour communiquer mais une phrase, il est souvent difficile de l’employer.

Finalement, la phrase « tout-prête » n’a pas beaucoup d’utilité en dehors d’un contexte précis.

Que faire ?

Voilá un gros problème ! Vous allez penser que si les écoles de langue n’ont pas de solutions alors il n’en existe aucune ?

Le problème est plus complexe que cela! Actuellement, la tendance didactique majoritaire est dite communicative, c’est-à-dire que l’objectif de l’apprentissage est de communiquer, ce qui est fondamentalement vrai.

Comme la communication est l’objectif suprême, c’est-à-dire, si l’élève est capable de se faire comprendre, une phrase bizarre peut-être considérée correcte !

Ainsi, pour un débutant, la phrase: « moi manger pain » peut, selon le niveau, être considérée acceptable du point de vue communicatif.

L’élève communique, donc il marque des points pour l’épreuve !

J’exagère un peu, peut-être, mais pas autant que vous pouvez l’imaginer !

On considère alors qu’avec le temps, l’élève va améliorer sa structure tout seul, comme par magie.

Souvent, on me demande : »en combien de temps, je peux parler français ? »

Voici une question qui n’a aucune réponse sensée, je réponds alors: « Vous savez, même une personne muette (qui ne parle pas) est capable d’acheter du pain dans une boulangerie !« . Évidemment vous trouverez de nombreuses personnes proposant de parler en 3 ou 6 mois. Ça peut fonctionner mais jusqu’où ? Il y a aussi les gourous qui promettent d’apprendre sans efforts, sans comprendre, de manière naturelle, là aussi il faut faire attention car certaines personnes en sont capables, mais c’est loin d’être le cas de la majorité; et si cela peut aider à l’apprentissage, cela ne suffit généralement pas à apprendre.

Ce que je veux dire, c’est que tout n’est pas une histoire de communication et qu’il existe de nombreux niveaux de communication !

Moi-même, j’utilise cette didactique, mais pas uniquement car selon moi, c’est loin d’être suffisant ! Aujourd’hui, je travaille presque exclusivement par classe individuelle, ce qui me permet d’adapter l’abordage, le rythme et la didactique à chaque profil d’élève.

C’est justement lá qu’intervient la didactique logico-structurelle ! Elle permet de comprendre de manière simple les interactions entre les éléments d’une phrase, d’apprendre à structurer avec des combinaisons d’éléments simples.

C’est une manière de complexifier la communication à partir d’arrangements d’éléments simple, c’est comme un jeu de construction.

On commence par des choses simples pour terminer à des structures complexes.

Voilá, je ne vais pas continuer plus loin, car sinon vous allez penser que je cherche à vous vendre ma « méthode », mon intention est juste d’exprimer mon opinion sur un constat que je fais moi-même ainsi que la majorité de mes élèves.

Si vous avez des questions et/ou des commentaires (constructifs !), je vous en prie, commentez !

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