Acheter la tour Eiffel ?


Avez-vous déjà imaginé devenir le propriétaire de la tour Eiffel ?

Impensable, n’est-ce pas ? Et pourtant, un certain homme y a cru ! Ne le jugez pas trop vite, attendez de voir le contexte…

Cet homme, c’est André Poisson. Il a été le propriétaire de la tour Eiffel pour quelques jours, du moins c’est ce qu’il croyait. En fait, il a eu affaire à un arnaqueur !

Qu’est-ce que c’est un arnaqueur ? Rien de mieux que le dictionnaire pour avoir une bonne définition. Nous avons donc le verbe dérivé, arnaquer, synonyme de escroquer, voler, duper.

En gros, ça veut dire qu’une personne a menti pour gagner quelque chose et que la réalité est différente de ce qu’on imagine.

Nous sommes dans les années 20, l’arnaqueur est Victor Lustig, originaire d’Autriche-Hongrie. Après avoir passé du temps aux États-Unis durant la grande guerre, Lustig est à Paris, ce sont les années folles, la ville est en effervescence.

Selon la version de l’histoire que nous connaissons, Victor aurait lu un article de journal dans lequel le journaliste discutait de la question de la manutention de la tour Eiffel.  En effet, construite pour l’exposition Universelle de 1889, la tour Eiffel devait être démontée vingt ans plus tard.

Utilisée comme antenne de radiodiffusion pendant la première guerre mondiale, la tour ne représente plus beaucoup d’intérêt dans les années 20, mais elle représente une dépense importante en manutention. À cette époque, la tour Eiffel n’est pas encore devenue le symbole de Paris et de la France, ce n’est que le plus haut édifice du monde (jusqu’en 1930), c’est déjà pas mal, mais pas suffisant pour certains.

C’est dans ce contexte que l’article parlant du coût d’entretien (manutention) est publié, il se termine ironiquement en demandant : « devra-ton-vendre la tour Eiffel ? ».

C’est cet article qui aurait donné l’idée à Victor Lustig qui décide alors de fabriquer de faux documents afin de se faire passer pour un représentant de l’état français et convoque les directeurs des plus grandes entreprises de ferraille (des ferrailleurs) dans un prestigieux hôtel de luxe.

Il est important de noter que Victor Lustig venait d’un famille d’aristocrate et portait ces caractéristiques dans son allure et son comportement, ce qui lui a permis de créer ce personnage.

Lustig se présente comme un fonctionnaire de l’état chargé de vendre les 7 300 tonnes de charpente métallique en acier de la tour au plus offrant, c’est-à-dire à celui qui fera la meilleure offre. Les offres sont confidentielles et remises dans des enveloppes scellées. Il demande la plus grande discrétion, offiellement afin de ne pas créer la panique dans la population, mais surtout pour ne pas attirer l’attention.

En réalité, Lustig ne s’intéresse pas à la meilleure offre, mais à l’acheteur potentiel le plus crédule ! C’est donc André Poisson qui a mordu à l’hameçon, grande ironie de l’histoire puisque l’expression « mordre à l’hameçon » signifie globalement « croire à un mensonge » ou encore « tomber dans un piège »; en effet un hameçon est un objet utilisé pour attraper des poissons…

Lustig annonce alors à Poisson qu’il a fait la meilleure offre, cependant André Poisson se méfie. Lustig commence alors à expliquer qu’il est un pauvre fonctionnaire de l’état et qu’il serait bienvenue de recevoir une petite commission de passage… En d’autres mots, il demande des dessous de table aussi appelés pots-de-vin, c’est de la corruption. Apparemment, c’est cette demande imorale qui rassure Poisson. La vente est réalisée avec un petit bonus de passage pour Lustig.

Une fois la transaction réalisée, Lustig part pour Vienne et Poisson décide de commencer le démontage de la tour Eiffel jusqu’à ce que les autorités apparaissent et qu’il découvre qu’il s’est fait arnaquer. Par honte probablement, Poisson ne porte pas plainte à la police.

De son côté, Lustig est attentif aux répercussions de son arnaque et lit la presse française, mais rien, absolument rien n’y fait référence… Alors, il décide de revenir à Paris et de refaire le même coup avec un autre acheteur potentiel. Cette fois-là, Lustig est dénoncé à la police et s’enfuit.

Plus tard, Lustig arnaquera Al Capone aux États-Unis et finira dans la prison d’Alcatraz…

Finalement, on se sait pas à combien la tour Eiffel a été estimée, ni combien Lustig a gagné. Et vous, auriez-vous mordu à l’hameçon ?

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