Il n’y a pas d’apprentissage sans erreurs !

Apprendre une langue ou tout autre chose, c’est comme marcher : nous avons tous appris à marcher, mais pour cela nous sommes tous tombés plusieurs fois ! 

Dans ce message, j’aimerais (en plus de partager mon opinion) donner un peu de soutien à de nombreux élèves qui se sentent « pénalisés », démotivés par l’erreur, la terrible et honteuse erreur !

Il est temps de dédiaboliser (retirer l’aspect démoniaque) de l’erreur !

Je le dis et je le répète: l’erreur est éducative !

Ceux qui ne sont pas d’accord ne voient pas l’erreur comme une possibilité d’appronfondir leurs connaissances ! Évidemment, il n’est facile de tirer un avantage d’une erreur, il est nécessaire de comprendre pourquoi et comment, c’est dans ce sens de réflexion que l’erreur devient éducative !

Quand on est étudiant, on ne veut pas faire d’erreur, on veut parler parfaitement. C’est normal, mais il ne faut pas voir l’erreur comme une fin, mais comme un passage obligatoire, une étape d’apprentissage.

Après l’étude d’une chose difficile ou avant de corriger des exercices, je demande souvent à mes élèves s’ils ont eu des difficultés ou des doutes. Une réponse négative est toujours douteuse pour moi, je préfère quand il y a des doutes, des difficultés, des questions, c’est un signe que l’élève a ressenti une limite, une barrière, ce qui provoque une réflexion !

Il existe toujours un cas difficile, une situation où nous devons réfléchir et non faire une application idiote d’une règle apprise par coeur! Pour moi, c’est ça le vrai rôle d’un professeur, la véritable fonction, montrer le chemin, montrer comment réfléchir, comment appliquer ce qui a été appris selon le contexte.

L’apprentissage par l’erreur ou comment profiter de ses erreurs

En d’autres termes, c’est étudier une chose simple, puis complexifier la situation progressivement, montrer les limites, les obstacles et, enfin, donner de l’autonomie à l’élève.

D’une certaine manière, j’applique ce que j’ai appris dans les arts martiaux (Capoeira, Kung Fu et Tai Chi Chuan): Le professeur fait tomber l’élève dans la salle d’entraînement pour que l’élève ne tombe pas dans la rue.

Ainsi, j’aime exposer mes élèves à la difficulté, je leur montre une configuration difficile dans laquelle je sais que l’application sans réflexion ne servira pas; cela dans le but de leur montrer que la difficulté n’était pas si grande en réalité.

Quand un élève fait une erreur, je montre par des expressions faciales que quelque chose ne va pas, je laisse quelques secondes de réflexion et ensuite je pose des questions afin de permettre à l’élève de comprendre où se trouve l’erreur et pourquoi elle a été commise. Ainsi, l’élève découvre soi-même l’origine de l’erreur et peut ensuite la corriger lui-même.

L’erreur est donc une transition, nous pouvons tous faire des erreurs, la véritable erreur est de ne pas apprendre de ses erreurs.

Quand l’erreur est un obstacle…

En tant que prof, je connais différents profils d’élève.

Il y a ceux qui parlent ou écrivent sans se préoccuper des erreurs, ils réussissent à se communiquer, le message est transmis, la mission est accomplie ! Ce type d’élève obtient généralement de bons résultats en début d’apprentissage, et sont à l’aise à l’oral; mais généralement ils ont des difficultés à des niveaux intermédiaires et désistent souvent à des niveaux avançés. Ils ignorent les erreurs et l’apprentissage que celles-ci permettent d’obtenir, pour réussir ils ont besoin de concentration et d’une grande discipline.

Mais il existe le profil inverse, ce sont des élèves qui ont peur et même honte de la plus petite erreur, ce qui devient un obstacle majeur à la communication. Ces étudiants ont de très bonnes notes dans les évaluations écrites mais restent timides oralement, ils restent souvent bloqués par la stygmatisation de l’erreur. Pour réussir, ils doivent se relaxer et comprendre que l’erreur est inévitable au cours de l’apprentissage et surtout source de progrès.

L’erreur est une forme d’apprentissage que nous devons cultiver intelligemment !

Pour finir, je dirais que nous sommes tous étudiants quelque soit notre âge ou notre condition, nous avons tous quelque chose à apprendre et c’est aussi pour cela que nous faisons tous (encore) des erreurs !

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Aujourd’hui on va s’intéresser à l’assimilation du vocabulaire, vous remarquerez que je ne parle pas d’apprentissage mais bien d’assimilation, pourquoi cela ?

Tout simplement parce que je considère l’apprentissage comme la compréhension suivie de l’assimilation et enfin du réemploi, c’est donc un phénomène relatif à la structure de la langue, alors que mémoriser du vocabulaire, c’est juste connaître un ensemble de mots réutilisables dans des contextes appropriés, c’est donc principalement de l’assimilation, de la mémorisation.

Apprendre une langue, ça veut aussi dire apprendre du vocabulaire ! Une grande quantité de vocabulaire ! Donc, ceux qui ont une mauvaise mémoire ont de grandes difficultés avec cela.


Pour commencer, il faut comprendre que notre cerveau à une capacité de stockage limitée, il ne peut pas garder plus d’informations que sa capacité lui permet. D’autre part, le cerveau est vivant, et il a besoin de s’adapter à de nouvelles situations. Il va donc supprimer les informations inutiles, c’est-à-dire les informations qui ne lui servent pas ou plus dans les situations quotidiennes. Le cerveau a donc besoin d’être stimulé. Si un mot n’est jamais écouté, lu ou parlé, ce mot va progressivement entrer dans la liste des mots susceptibles de disparaître et un jour, quand le cerveau aura besoin de place, le mot sera supprimé.

Évidemment, si la stimulation revient (mot écouté ou lu de nouveau), le mot pourra être réécrit sur la liste des mots à connaître, c’est un peu comme la mémoire temporaire d’un ordinateur !

Donc, il est important d’être en contact avec les mots pour les assimiler, plus on les voit, plus on les lit, plus on les écoute, mieux on les assimile ! Évidemment, nous ne sommes pas tous égaux face à la mémoire, il y a des mémoires d’éléphants et des mémoires de petits poissons!

Ensuite, il est important que vous compreniez qu’il existe différents niveaux de vocabulaire que l’on peut représenter par des cercles concentriques de tailles différentes, je vous mets une image pour que ce soit plus clair !

Le premier niveau de vocabulaire est constitué de mots connus et utilisés, c’est ce qu’on pourrait appeler le lexique personnel, le vocabulaire acquis. Le problème est que nous avons l’habitude d’utiliser toujours les mêmes mots et donc ce cercle de vocabulaire a des difficultés à s’étendre !

Le deuxième niveau représente les mots connus ou reconnus mais non utilisés, ces mots sont compris immédiatement sans effort, mais ils ne sont pas utilisés pour parler. Ce sont des mots « reçus » mais non repris dans notre propre langage. Il est donc intéressant d’essayer de reprendre dans l’expression orale ou écrite ces mots que nous connaissons mais que nous avons l’habitude d’écouter sans les employer, ainsi ils pourront entrer dans le premier niveau de vocabulaire et enrichir le vocabulaire acquis.

Dans le troisième niveau de vocabulaire, l’on retrouve des mots et des expressions inconnus mais dont le sens est compréhensible dans le contexte. On ne comprend pas toujours le sens complet du mot ou de l’expression, mais le contexte suffit à en comprendre la signification. En cherchant la définition dans le dictionnaire ou en demandant à l’interlocuteur d’expliquer le mot ou de l’utiliser dans un autre contexte, les chances d’assimilation augmentent fortement, ainsi le mot pourra éventuellement entrer dans le deuxième voire le premier cercle !

Enfin, les mots et expressions indéchiffrables, incompréhensibles avec le contexte forment le quatrième et dernier cercle de vocabulaire, il s’agit généralement de mots plus soutenus, sophistiqués, des synonymes peu utilisés, ou encore des mots ayant un sens très en rapport avec la culture. Cela représente la richesse lexicale de la langue.

 Alors que faire ?

Appuyer sur les boutons

Comme je dis souvent à mes élèves, il faut « appuyer sur les boutons du cerveau », c’est-à-dire stimuler le cerveau avec le vocabulaire, il y a plusieurs moyens de le faire comme noter le vocabulaire dans un carnet et le lire de temps en temps, essayer de replacer des mots entendus dans la même journée ou encore recherche la définition dans le dictionnaire.

Mais, ce qui va vraiment permettre de s’approprier le vocabulaire, de le faire entrer dans le premier cercle, c’est la fréquence de rencontre, plus le mot est présent dans notre environnement, plus il est facile à retenir !

Avec mes élèves, je fais souvent des petits « quiz » de vocabulaire à partir de documents étudiés avant. Pendant l’étude du texte ou de la vidéo, le vocabulaire est expliqué, il passe donc du troisième ou quatrième cercle vers le deuxième, mais il faut encore le faire pénétrer dans le premier cercle. Pour cela, je leur pose des questions de vocabulaire, tout d’abord le vocabulaire est relié à un document, c’est-à-dire que l’élève sait dans quel document le vocabulaire se trouve et un mot peut aider à en trouver d’autres, puis progressivement le vocabulaire de différents documents est mélangé pour forcer l’assimilation.

Ainsi, le cerveau est continuellement stimulé et le vocabulaire assimilé !

Et vous, vous avez une technique pour assimiler le vocabulaire ?

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